L’ancien collège aura décidément tout vécu : à l’abandon, ouvert à tout vent, l’établissement a été vandalisé maintes fois. Chacun peut entrer dans l’enceinte librement. Nous en avions fait l’expérience en novembre dernier : des anciens élèves et leurs parents nous avaient emmené dans les salles de cours et les bureaux administratifs vandalisés. Voir : notre article
Lors des réunions de quartier, les riverains de l’ancien collège d’Andrésy redoutaient le délai probable entre sa démolition et la concrétisation du projet immobilier : la peur des caravanes – déjà très présentes aux portes d’Andrésy – était vive chez les riverains. Et bien, il n’aura pas fallu attendre sa démolition !
« Le maire est très gentil. La ville nous fournit l’eau et l’électricité »
Depuis le 3 avril, en effet, une vingtaine de caravanes s’est installée dans la cour. Interpellés par les riverains, le maire et son adjoint à la Sécurité (Robert Broussard) sont allés à leur rencontre.
Les pasteurs Samuel et Moïse qui dirigent ce groupe de gens du voyage nous racontent la rencontre : « au début, ils n’étaient pas contents car on n’occupe pas comme ça, sans autorisation, un lieu public. Nous leur avons dit qu’on était bien obligés de s’implanter comme ça. On voudrait un bout de terrain mais les communes ne le font pas ». En effet, Andrésy, tout comme Carrières et Triel, n’ont toujours pas proposé une aire d’accueil pour les populations itinérantes, alors que c’est une obligation (Schéma des Yvelines, 27 mars 2006).
Mais la rencontre entre le maire et le groupe s’est ensuite bien passée : « Le maire a été très gentil. Nous lui avons promis que nous partirions à la fin du mois. On s’est mis d’accord : la ville nous fournit l’eau et l’électricité. Nous n’avons aucun problème avec les riverains ».
Pourtant, ces derniers sont un peu inquiets et se plaignent des chiens bruyants du groupe. Le maire les a rassuré. Il leur a rappelé qu’il ne pouvait pas les expulser dans la mesure où la ville n’était pas dans son droit, puisqu’elle n’a pas construit l’aire d’accueil pour les gens du voyage.
La municipalité d’Andrésy n’a pas répondu à nos questions.
Population réticente, élus frondeurs : l’imbroglio de l’affaire « gens du voyage »
Quoi qu’il en soit, la présence des caravanes en pleine ville d’Andrésy va relancer le débat sur le refus, tant des communes que des instances décisionnaires intercommunales, de construire les aires d’accueil et l’aire de grand passage –toutes obligatoires. Raison officielle donnée par nos élus : « un envahissement de plus en plus fréquent de gens du voyage, sans que l’Etat procède aux évacuations ». Face à l’inertie de l’Etat et des forces de police, les municipalités ont décidé, elles aussi, d’être inertes...
La situation sur notre territoire est, en effet, dans un imbroglio total : les communes refusent de remplir leurs obligations en matière d’hébergement des nomades, ces derniers s’installent par conséquent « sauvagement » et les forces de police n’interviennent pas puisque les communes ne sont pas en règle… Quant aux populations : elles ne veulent pas entendre, ni voir de tziganes sur leur territoire.
Bref, on imagine mal nos élus construire des aires qui coûteront non seulement quelques centaines de milliers d’euros mais aussi… des voix aux élections.
Faut-il une installation en plein centre ville, comme à Andrésy, pour faire bouger les lignes ?



