A l’échelle nationale, il est intéressant de constater qu’au premier trimestre 2010, les prix frôlent à 3,8% près leur « plus haut » touché au 1er semestre 2008, effaçant ainsi la baisse enregistrée avec la crise. Les signes d’une reprise du marché se confirment : les volumes de transaction sont en hausse, les délais de vente raccourcissent. Loin de la période d’euphorie qui a marqué la période 2000 – 2008, et loin de la crispation qui a caractérisé celle de 2008 – 2009, le marché est aujourd’hui assagi et prouve, à chaque sursaut de prix trop brutal, qu’il sait se réajuster par les volumes, dans un premier temps, puis par les prix, dans un second.
Au niveau national
Les prix moyens au m² enregistrent une hausse de 6,97% sur douze mois et une variation positive de 0,41% entre le 4ème trimestre 2009 et le 1er trimestre 2010. Sur l’ensemble du territoire, ils atteignent 2456 euros le m² en moyenne. Cette évolution cache cependant de fortes disparités entre le marché des appartements et celui des maisons, le premier connaissant une augmentation des prix de 9,28% sur l’année (versus 4,31% pour les maisons) et 1,09% entre le dernier trimestre 2009 et le premier trimestre 2010 (versus 0,51% pour les maisons).
En termes de volume, le réseau CENTURY 21 constate une augmentation de 7,86% des transactions au niveau national sur trois mois (+38,6% sur un an), une évolution qui permet, malgré les précautions d’usage à prendre en matière statistique, d’affirmer que l’activité repart à la hausse, et ce, que ce soit pour le marché des maisons comme pour celui des appartements. Ce constat s’observe également à travers les délais de vente moyens qui raccourcissent considérablement, passant de 103 jours au 1er trimestre 2009 à 89 jours au 1er trimestre 2010, une tendance qui se confirme pour les appartements comme pour les maisons.
Notons que dans les régions où la hausse des prix a été la plus brutale au second semestre 2009 (Franche-Comté +5,6%, Basse-Normandie +7,3%, Haute-Normandie + 6%, Pays-de-la-Loire +4,5%), le marché s’est automatiquement régulé avec, dans un premier temps, un réajustement des volumes, qui a entraîné, dans un second temps, un rééquilibrage des prix. Ainsi pour les quatre régions citées plus haut, les prix au premier trimestre 2010 marquent le pas, avec respectivement une évolution de -11%, -4,4%, -9,5% et -14%.
Le dynamisme du marché immobilier ancien ne tient donc qu’à la modération de la hausse des prix ; ceux-ci flirtent désormais avec leur niveaux les plus hauts, et si les transactions sont favorisées par des taux d’intérêts toujours extrêmement bas, il n’en demeure pas moins que les primo accédants s’essoufflent et sanctionnent le marché à chaque envolée des prix trop importante.
En Ile-de-France
Le marché francilien s’inscrit dans la tendance nationale avec une hausse des prix moyens au m² de 5,4% entre le 1er trimestre 2010 et le 1er trimestre 2009, et de 1,07% entre le 1er trimestre 2010 et le dernier trimestre 2009. Cette évolution des prix modérée permet au marché de connaître un fort dynamisme (+ 42,2% de volume sur un an).
En conclusion, les signes avant-coureurs d’une reprise dans l’immobilier sont présents mais deux conditions doivent être réunies : le marché de l’emploie (et donc l’économie réelle) doit s’améliorer afin d’endiguer le chômage, qui actuellement est dessus de la barre de 10% ; le crédit bancaire doit être flexible pour que les primo accédants, et en particulier les jeunes couples, aient un rôle à jouer dans l’immobilier.



