Pierre Cardo fait partie d’un groupe de treize députés UMP (soit 4 % des troupes du Président à l’Assemblée nationale) ayant lancé « un appel pour suspendre le bouclier fiscal » dans le quotidien Le Monde, daté du 2 avril 2010.
Pour Pierre Cardo, il faut « redonner du sens à la politique et rappeler la vérité » aux Français
Constatant le décalage persistant entre « les annonces de la politique nationale et ce que vivent nos concitoyens », les treize députés de la majorité désirent « redonner du sens à la politique » en envoyant des « signes à notre société qui s’émiette et se fragilise dangereusement ».
Pierre Cardo insiste pour « rappeler la vérité : la dette est énorme et il faudra des années pour redresser cette situation financière ». Pour les treize députés, « la maîtrise des dépenses publiques n’y suffira pas : il faudra également augmenter les recettes fiscales » - bel euphémisme économique pour signifier « hausse des prélèvements obligatoires ». Or, la réforme des retraites pointe son nez et le problème de leur financement. Si cela doit passer, par exemple, par une hausse de la CSG, comment les Français vont-ils accepter que les 20 000 foyers profitant du bouclier fiscal (limitant à 50 % des revenus les prélèvements des ménages les plus aisés) « ne participent pas à cet effort » ?
Les treize députés frondeurs annoncent qu’ils déposeront une proposition de loi pour « demander la suspension du bouclier fiscal ».
Dans le même numéro du Monde, le Ministre de l’intérieur rappelle que le bouclier fiscal est, ses yeux, un « élément de justice sociale ».
Brice Hortefeux se singularise aussi par une étrange vision de la réalité sociale : « 60 % des bénéficiaires du bouclier ont des revenus modestes et, en tout cas, ne sont pas assujettis à l’impôt sur la fortune ». Ainsi, pour le ministre, il y a deux mondes : les riches qui payent l’ISF (565 000 foyers), et tous les autres (soit 49 238 298) qui sont à « revenus modestes »… On peut en déduire que, pour le ministre, un foyer ayant un patrimoine égal au maximum à 789 999 € (après déductions fiscales en tout genre) est donc un foyer à « revenu modeste »…
Pierre Cardo a décidément raison : il y a bien « déconnexion » entre les élites politiques et les Français…
Député libre versus député godillot : Cardo contre Morange
Pierre Cardo a fait partie des députés de droite fortement remonté par le score catastrophique de l’UMP aux dernières élections régionales : « on s’est pris un beau retour de baffes bien mérités ! », s’est-il exclamé, le soir des résultats. Notre député multiplie les petites rébellions depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. En septembre, le président de notre communauté d’agglomération s’était fait singulièrement remarqué par l’Elysée en étant le seul député UMP à voter contre le financement par les municipalités des établissements scolaires privés sous contrat. Sa voix rejoignait ainsi l’opposition socialiste.
L’indépendance d’esprit de notre député UMP peut certes déboussoler ses électeurs. Mais Pierre Cardo apporte un sacré vent de fraîcheur dans une assemblée législative où les godillots sont légions depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.
A cet égard, pendant que Pierre Cardo confirmait son rôle d’agitateur d’idées au sein de l’UMP, un autre député des Yvelines récoltait le titre de « député godillot des Yvelines » par le site deputesgodillots.info/ pour sa prestation à l’Assemblée nationale lors du vote de la loi Hadopi…



