Premier symptôme : acné du nourrisson ?!
Sept 2007 – Tout a commencé avec la naissance de ma seconde fille en août et des débuts sereins à la maternité. Mais quelques semaines passant, l’apparition de plaques rouges sur les joues puis sur le front souleva mon inquiétude. L’avis unanime du médecin de famille, du pédiatre et des puéricultrices de PMI tendit à me rassurer : « Ce n’est rien c’est une acné du nourrisson, çà rentre dans l’ordre au 3e mois ». J’alertais toutes ces personnes aussi sur le fait que mon bébé avait des selles très liquides depuis la naissance… personne ne s’en inquiéta vraiment sauf peut-être le médecin de famille qui trouvait le ventre de ma fille gonflé et dur. Je patiente donc, un brin résignée toutefois car si cet avis était exprimé de façon collégiale, les explications quant à elles étaient floues.
Les produits laitiers et le gluten remis en question.
Oct 2007 – Toujours très sceptique et allaitant toujours mon bébé, j’observais que ces plaques s’estompaient entre deux tétées et ressurgissaient quelques minutes après, j’ai donc pressenti qu’il s’agissait d’une allergie alimentaire… mais laquelle ? Ma 1re fille ayant eu une légère intolérance au lactose se traduisant par des diarrhées légères, je décidai de supprimer les produits issus du lait de vache (lait, yaourt, fromage) de mon alimentation. Oh surprise, en quelques jours les plaques s’estompèrent de façon significative. Toutefois des poussées de ce que j’appellerai désormais de l’eczéma continuaient à se produire certains jours. C’est alors qu’au cours d’une discussion avec des collègues, on me mit la puce à l’oreille concernant l’allergie au gluten et de son association courante avec l’allergie au lait.
Etant toujours abandonnée par le corps médical et bébé étant toujours en allaitement exclusif, je décidai de mettre toute la famille au régime sans gluten en continuant le ‘sans lait’. Et je vous assure que ce n’était pas évident tous les jours ! J’étais loin de m’imaginer la suite, non seulement mon bébé ne s’en portait que mieux, moins d’eczéma, selles plus régulières, ventre moins tendu, meilleur sommeil… mais son père, condamné, depuis sa plus tendre enfance, à de l’eczéma ‘psychosomatique’ soit disant dû au stress, se rendit compte d’un mieux-être significatif !
www.photolibre.fr
Intolérance ou allergie au gluten ?
Le gluten est une protéine présente dans le blé, seigle, avoine, orge, froment, épeautre, kamut. Bien qu’on emploie souvent le terme intolérance concernant le gluten, il ne s’agit pas vraiment d’une intolérance puisqu’il y a une réaction immunitaire. Le terme d’allergie n’est pas non plus exact puisque cette réaction immunitaire est anormale : elle détruit non seulement le gluten mais également la muqueuse de l’intestin grêle, ce qui va au-delà de la définition d’une allergie.
Les substances inflammatoires finissent par détruire les villosités de l’intestin grêle, qui permettent l’absorption de la majeure partie des nutriments, des vitamines et des minéraux. Les symptômes peuvent être simples mais amener des complications plus sévères : diarrhée chronique ou constipation paradoxale, coliques, vomissement, cassure de la courbe de poids, anorexie et certains types de cancer (lymphome intestinal, cancer de l’intestin…)
Bébé a 6 mois : La diversification
Mars 2008 – Après mise en place de nouvelles habitudes alimentaires et une longue période d’accalmie pour tous qui nous permit de passer des fêtes de Noël un peu tranquille, une nouvelle épreuve vint pointer son nez : la diversification ! Réapparition d’eczéma, de diarrhées et cassure de la courbe de poids. Après divers rendez-vous chez différents médecins, toujours aussi peu enclins à s’inquiéter, tout leur parut normal : « bébé commence à crapahuter, il se dépense plus, il faut donc laisser le temps au temps !!! » Ce que je ressens à cette époque : une grande culpabilité de ne pas trouver de soutien, la peur de ne pas donner à ma fille tout ce dont elle a besoin.
Pédiatre gastro-entérologue, aucune écoute…
Mai 2008 - Une ultime visite chez un pédiatre gastro-entérologue ne m’a pas réconciliée avec le corps médical car j’ai cette fois été prise pour une imbécile lorsque je lui ai dit que j’allaitais et que mon bébé réagissait dès que j’ingérais du gluten ou du lait, sa seule réponse fut : « C’est pas possible, il n’y a pas de problème d’allergie par le lait maternel, il y a 1 cas sur 100 milles, j‘y crois pas ; quant au problème de peau qu’elle a eu à la naissance, c’est une dermatite atopique courante chez le nourrisson, çà n’a pas de rapport !!! Quant au père, c’est une coïncidence, il faut qu’il résolve son problème de son côté mais çà n’a rien à voir ! Quant à vous il faut reprendre une alimentation normale avec du gluten et du lait et votre fille il faut la diversifier avec tous les aliments »… d’accord docteur mais qu’est-ce que je fais si les symptômes réapparaissent ?... « Vous revenez me voir le mois prochain, » SUPER ! Merci docteur, combien je vous dois et au plaisir de ne pas vous revoir !
Bien que les deux phénomènes soient différents, il règne une grande confusion entre intolérance et allergie, en partie due aux similitudes des symptômes digestifs, cutanés ou respiratoires : ballonnements, diarrhées ou constipation, crampes abdominales, vomissement, eczéma, toux chronique, rhinite, asthme… (attention seuls 1 ou 2 symptômes se manifestent en même temps).
L’intolérance au lactose est une incapacité à digérer le lactose due à l’absence totale ou partielle d’un enzyme digestive : la lactase. L’intolérance ne suscite pas de réaction du système immunitaire.
L’allergie à la protéine de lait est caractérisée par une réaction immunitaire face à un allergène alimentaire qui sont dans ce cas les protéines de lait. Une allergie au lait est plus grave qu’une intolérance au lactose.
L’allergie aux protéines de lait de vache est l’allergie la plus fréquente rencontrée chez les enfants de moins d’un an.
Allergologue, l’apothéose !
Janv 2009 – Confrontée à la mise en crèche de ma fille depuis la rentrée 2008 et à la demande insistante de la Direction pour avoir un PAI (Projet d’Accueil Personnalisé), je décidais de prendre un rendez-vous chez un allergologue qui se révéla catastrophique. Aucune écoute de la part de ce médecin qui refusa de prendre en compte l’historique du père, notre expérience et se cloisonna derrière sa procédure médicale de détection par analyse de sang et test cutané ! Et forcément les résultats furent négatifs.
Sa conclusion fut : « Votre enfant n’est pas allergique, il s’agit d’eczéma atopique, il faut juste mettre une crème à base de corticoïde… » Imaginez ma stupeur ! Tout ces mois d’effort pour comprendre et préserver ma fille, tout cela détruit en quelques phrases sorties d’un bouquin de médecine !
Protéines de lait de vache ou lactose ?
Fin janv 2009 - Je n’allais pas en rester là ! Mon intime conviction quant aux allergies de ma fille m’a permis de persister, il me fallait trouver quelqu’un plus ouvert ! Dernière tentative auprès d’un pédiatre de ma ville ! Ouf ! Enfin une personne à l’écoute qui a su me dire : « de toute façon même si les tests d’allergies sont négatifs, cela ne veut rien dire car elle peut être ‘fausse négative’ et ce qui prime c’est votre expérience de maman puisque vous vivez au quotidien avec elle ! ». Savait-il le soulagement que cette phrase avait provoqué en moi ! Puis il prit un temps de réflexion et prononça la phrase ‘magique’ : « Vous me dites que votre fille est allergique au lait et au gluten et qu’elle a encore quelquefois des poussées d’eczéma au joues et derrière les genoux, malgré l’éviction ! Si elle est seulement intolérante au lactose, vous avez supprimé les laitages, ok, mais si c’est de l’allergie aux protéines de lait de vache…avez-vous pensé à supprimer les viandes de bœuf et veau ?! »
« OUI ! Le lait de vache et le gluten passent dans le lait maternel. »
Et là tout s’expliqua à mes yeux, les poussées après le steak haché, après les escalopes de veau ! Mais pourquoi personnes ne me l’avait dit avant ! Tout est rentré dans l’ordre depuis pour mon bébé qui retrouva enfin une peau intacte très rapidement et une digestion normale au bout de quelques mois. Mon conseil, pour tout ceux qui se trouvent dans une situation similaire : faites confiance à votre intuition, soyez persévérant, écoutez votre cœur, consultez un coach en nutrition afin de ne pas risquer de carences pour votre enfant et surtout trouvez le bon médecin, pas forcément un spécialiste mais un médecin qui vous écoutera…



