ND2R- Bonjour Jean-François Thil. Depuis quelques temps, on vous voit partout. Question directe : revenez-vous sur le devant de la scène politique Andrésienne ? JFT - N’exagérons rien ! Je viens de reprendre quelques activités militantes, le temps d’organiser ma nouvelle vie de « retraité ». Comme pour un certain nombre d’entre vous, vous savez que ce moment de la vie n’est pas synonyme d’inactivité, au contraire !
Patrick Malivet (Premier secrétaire Fédéral des Yvelines, décédé en 2009) m’avait demandé de revenir au sein de la section locale du PS Andrésy-Maurecourt, cette dernière, après quelques années d’errance, avait besoin de retrouver calme, sérénité, débats, engagements et des militants. Il est vrai que ces dernières années, mon activité politique locale n’était pas publique, restant « off ». J’ai participé d’une façon indirecte aux dernières élections municipales, en travaillant sur le programme de la liste « Andrésy Citoyenne », présentée par mon amie Michèle Chateau, qui avait été l’une de mes maires-adjointes de 1995 à 2001.
Donc, vous revenez. Mais pour quoi faire ? JFT - Mes nombreuses rencontres avec les Andrésiens, dans la ville, chez les commerçants ou lors de cérémonies m’ont convaincu qu’il fallait que je sois davantage présent sur la ville. Il s’agit d’envoyer un message fort en direction de ceux qui gouvernent notre commune : « Je ne vous laisserai pas faire n’importe quoi, sans rien dire ! » En effet, si j’ai une certaine idée d’Andrésy, c’est parce que j’aime passionnément ma ville, sans doute parce que j’y ai vécu depuis mon enfance, mais aussi parce que ma famille y est installée depuis plus de vingt générations. De plus, vingt-cinq années de vie d’élu de cette ville, dont douze comme maire m’ont donné quelques compétences pour dire et faire savoir ce que je pense de la politique actuelle !
La gauche semble avoir disparu du paysage politique andrésien. Que comptez-vous faire pour remédier à cela ? JFT - Informer, participer à la vie locale, et rassembler les forces citoyennes de nos communes, que ce soit à Andrésy ou à Maurecourt. Pour cette dernière, mon ami Gérald Rutault s’en occupe déjà fort bien. Il a tout mon soutien.
Par contre, sur Andrésy, il y a du travail. Pour la gauche Andrésienne, c’est une friche en matière de communication, de prise de position, de réflexion sur la situation actuelle et le devenir de la ville.
Depuis que j’ai quitté mes fonctions de maire, en 2001, notre ville, par l’intermédiaire de ses élus, a pris des orientations lourdes de conséquences pour le présent comme pour l’avenir.
Les projets de Hugues Ribault : « un gouffre financier pour Andrésy »
« Lourdes conséquences » ?... Que reprochez-vous à la municipalité UMP actuelle et à son maire, Hugues Ribault ? JFT - Les réalisations (d’abord le complexe sportif des Cardinettes) et les projets (la future ZAC des Belvédères, comprenant les terrains disponibles, de la gare d’Andrésy jusqu’à la forêt de l’Hautil Coteaux.) du maire Hugues Ribault sont un gouffre financier pour notre commune.
Pour trouver de l’argent, c’est la fuite en avant avec ce projet de ZAC qui ira de la gare d’Andrésy jusqu’aux Coteaux, sous et au dessus du CD55, afin d’assurer des rentrées fiscales supplémentaires ! Notre ville irait vers les 15 000 habitants, avec d’énormes conséquences destructrices sur l’environnement, des circulations lourdes, des stationnements impossibles, des équipements supplémentaires à prévoir ... En contradiction complète avec l’Agenda 21, le SDRIF [1] et les « coulées vertes » régionales, déjà retenues, validées et acceptées par Maurecourt et Chanteloup pour leurs territoires.
Tout cela me fait penser au deuxième mandat de Marie-Jane Pruvot [1989-1995], dont M. Ribault faisait partie, lorsqu’elle avait déjà voulu urbaniser les Coteaux et fait « flamber » les impôts des Andrésiens. J’avais empêché ce projet inique et destructeur pour l’environnement et les finances de la ville, mais M. Ribault veut recommencer, en digne fils de Marie-Jane !
La CA2RS : « réplique de la circonscription de Cardo »
Etes-vous aussi sévère avec la Communauté d’Agglomération et son président, Pierre Cardo ? JFT - Notre communauté d’agglomération (CA2RS) comprend des villes qui n’ont rien à voir ensemble en ce qui concerne les échanges commerciaux, les transports, l’enseignement secondaire et supérieur. Sa seule vocation est d’être presque la réplique de la circonscription électorale du député Pierre Cardo. Alors que la vie des six villes de la CA2RS est tournée soit vers Conflans, soit vers Poissy !
Vous êtes un homme de gauche : vous feriez pareil en vous rapprochant de villes de gauche ! JFT - Vous me faites un procès d’intention : j’aimerais une véritable communauté en y intégrant les deux grands pôles que j’ai cité, ainsi que Vernouillet et Maurecourt, pour en faire un véritable ensemble socio-économique, sans tenir compte des étiquettes politiques des élus de chaque ville ! Un jour à droite, un jour à gauche, et alors ? C’est le futur que nous construisons. Arrêtons les politiques opportunistes !
Projets routiers : « Les multiples prises de position contradictoires du maire »
Le maire d’Andrésy a rappelé son attachement à la réalisation de la A104. Quelle est votre position sur cet épineux dossier ? JFT - Quel embrouillamini ! Le maire d’Andrésy a pris toutes les positions (tracé bleu, blanc, vert…) tout en étant en contradiction avec ses mandats de maire et de conseiller général, tellement les objectifs de l’un ne sont pas ceux de l’autre !
Prenez le pont d’Achères : Ribault-Conseiller général le vote et Ribault-Maire n’en veut plus ! Il faut être vigilant. Tant que les réserves des terrains inscrits au SDRIF par la direction régionale de l’équipement ne sont pas levées, le combat continue pour notre ville. Je crains fort que faute de moyens et de solutions qui conviennent au plus grand nombre, l’Etat se retourne sur la solution d’origine, le tracé rouge, qui voit la A104 traverser nos villes d’Andrésy et de Maurecourt !
Oui, mais les Andrésiens veulent peut-être la A104 ! JFT - Les Andrésiens sont comme les autres. Ils en veulent peut-être si elle passe ailleurs, ce que je comprends fort bien. Mais revenons à la réalité de la A104. On nous dit « Bouclage de la Francilienne ». De cela, chacun semble favorable sans explications supplémentaires. Or, il n’y aura jamais de bouclage de la Francilienne par les tracés actuels, vert, bleu, rouge et blanc ! Pourquoi ? Parce qu’il est impossible de déroger à l’interdiction qui est faite de traverser le parc du château de Versailles et la vallée de Chevreuse ! Le seul tracé qui permettrait un réel « bouclage de la Francilienne » est le tracé violet, contournant le Vexin et passant par le Mantois. Je reste un inconditionnel de la position du COPRA : pas d’autoroute en zone urbanisée !
Comme vous le constatez, ces sujets me tiennent terriblement à cœur. Les deux fois ou j’ai été élu maire de la ville [1977-83 ; 1995-2001], c’est parce que la droite avait fait tellement de bêtises, que les électeurs m’ont appelé avec des équipes volontaires et compétentes pour remettre de l’ordre dans les finances et les services de la ville ! A chaque fois, il a fallu six ans pour réparer les dégâts de la droite ! Je crains qu’il en faille plus la prochaine fois !
Régionales : « Un soutien plein et entier à JP Huchon et Eddie Aït, mon ami »
Passons à un sujet actuel : les élections régionales approchent. Allez-vous vous engager ? JFT - Je suis évidemment de la bataille, et apporte mon soutien plein et entier à Jean-Paul HUCHON, Président de la région Ile de France, et tête d’une liste de rassemblement autour du PS dans notre département. En effet, il a déjà rassemblé autour de lui des élus Citoyens, et Radicaux, comme par exemple mon voisin et ami, Eddie AIT, maire de Carrières sous Poissy. La Région, c’est notre vie au quotidien dans les transports, les lycées et le développement économique. Mais c’est aussi, devant les désengagements de l’Etat de ses responsabilités, la mise en place d’un « Bouclier Social », un des fondements du programme de JP Huchon.
Est ce que cela préfigure pour vous une prochaine candidature aux élections cantonales, et par extension, un retour « aux affaires » lors des prochaines municipales, à Andrésy ? JFT - Question directe, réponse ... indirecte ! En politique, il est impossible d’affirmer par avance une trajectoire déterminée. A chaque moment politique, le ou les candidats, doivent être celui ou ceux, qui sont le mieux placés. C’était la doctrine Mitterrand. Je me l’applique à moi-même. Mon retour sur la scène Andrésienne ne veut pas dire que j’ai une place réservée d’avance ; j’ai déjà fait mes preuves. Je soutiendrai toujours le mieux placé localement.
Mon ambition est collective. Rassembler autour d’un projet pour notre ville. Mais, le calendrier actuel est celui des élections Régionales ! Nous aurons le temps de reparler des élections cantonales ensuite. Pour cela, je réunirai mes amis de Maurecourt et Chanteloup afin de définir ensemble un programme et une stratégie pour notre canton. Être Conseiller Général ne doit pas être une affaire personnelle pour une ligne sur une carte de visites et des revenus supplémentaires, mais une ambition collective pour nos trois villes !
2014 : « ce sera Projet contre Projet ! »
Ne craignez-vous pas un come-back sur le tard ? « Ribault contre Thil » : les Andrésiens ne risquent-ils pas d’être lassés par un combat qui date de près de 20 ans ? JFT - Vous citez des noms de personnes quand je parle d’idées, de principes et de choix politiques ! De plus, je n’ai été candidat contre H. Ribault qu’en 2001 et 2002 après l’annulation des élections.
Savons-nous ce que sera 2014, les forces comme les personnes en présence ? Ce sera « Projet contre Projet ». Aux Andrésiens alors de se déterminer.
Une piste certaine : la vie et la pratique de la démocratie locale. Il faut redonner du souffle à la vie démocratique dans la cité. Passer de la démocratie « formelle » à la démocratie « réelle ». C’est-à-dire, joindre les actes à la parole.
Tenir compte de l’avis de TOUS les élus, pas seulement ceux de la majorité. Tenir compte de l’avis des habitants réunis par quartier, et qui ont l’impression de servir de faire-valoir à un Agenda 21 qui n’en a que le nom !
Une ville de démocratie partagée, d’égalité de solidarité et de durabilité. Mon combat pour cet idéal de ville, je l’ai commencé il y a plus de 20 ans !




