Acteur essentiel dans la lutte contre le sida (accompagnement des personnes infectées, prévention, formation des professionnels de santé…), le Réseau Ville Hôpital 78 devra fermer ses portes en juin prochain après dix-huit années d’activités sur le territoire.
Une décision contre laquelle s’insurge Eddie Aït, Maire de Carrières-sous-Poissy, Conseiller régional d’Ile-de-France et membre du Conseil d’administration du CHI de Poissy Saint-Germain : « cette fermeture prise sans aucune concertation va à l’encontre du plan national de prévention et de lutte contre le sida 2009-2012. ».
Pour Stéphanie Paban de l’association AVH 78, la décision de fermer le Réseau Ville Hôpital 78 repose sur un manque de financement de la part du CHI, qui ne peut plus assurer le salaire du poste de coordinateur (30 000 € annuels). La raison de cette fermeture serait donc d’origine budgétaire, suite à la non valorisation de la tarification à l’activité (T2A) : Si elle devait être confirmée, l’association devrait fermer d’ici à juin 2010. Plus de consultations et suivi des malades du SIDA, d’hépatite B, et surtout de prévention au près des établissements scolaires dans les Yvelines.
Pourle Docteur Yves Welker, chef du pôle Maladies infectieuses-Oncologie, la direction de l’hôpital de Poissy-Saint-Germain sera seule responsable de la fermeture d’une telle structure.
Eddie Aït s’insurge, dans cette période électorale, et s’opposera avec « force » selon un courrier adressé le 5 mars dernier au directeur du CHI de Poissy Saint-Germain.
Gilbert Chodorge, directeur de l’Hôpital Poissy-Saint-Germain, s’en défend : « L’hôpital est une boîte à lettres pour une subvention qui a été coupée... et j’ai proposé (à l’association) une solution transitoire pour 2010 afin de financer la salariée ! » Pas de réponse car pas de réunion formelle pour évoquer ce problème de fond. C’est justement le manque de concertation qui est à déplorer dans ce dossier.
Comme d’habitude, la décision politique vient de la Haut... Mme Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, a suivi la politique menée par le Gouvernement... en raison de toujours « plus d’efficacité de notre système de Santé ». Evaluer le rôle et la place de la prévention n’est pas quantifiable pour les administrateurs de ce type de réseau.
Au contraire, Eddie Aït revient sur l’importance de la lutte contre le sida et la nécessité d’accompagner les personnes infectées : « Tout est une question de courage politique face à une maladie toujours obstinément mortelle. N’oublions pas que plus de 6 000 personnes sont contaminées chaque année en France ! ».
Sur un autre dossier similaire, le réseau IVG, (interruption volontaire de grosses) risquerait de fermer ces portes selon un article récent paru chez nos confrères de la presse écrite. Le mardi 9 mars à 19 heures à Possy, une réunion aura lieu parmi les défenseurs de ce centre et de l’IVG en général. Il s’agit d’interpeller les candidats aux régionales et décideurs actuels du gouvernement qui « tentent tout » pour réduire la portée et le service du centre IVG au nord des Yvelines.
La symbolique revient en force car le 9 mars, c’est juste après le journée de la femme. Pour Nicole Frydman, Conseillère municipale de Saint Germain et membre du C A CHI-Poissy-Saint-Germain, « il faut montrer l’attachement à l’hôpital public ». Et pourquoi pas au service de santé de base pour mieux prévenir... plutôt que guérir.



