Droit dans ses bottes, toujours et encore… Hugues Ribault, maire et conseiller général UMP, est fier du projet avorté du circuit de Formule 1 proposé par le Conseil général des Yvelines.
Lors du débat d’orientation budgétaire (Conseil municipal d’Andrésy, 4 février 2010), l’opposition Andrésy Citoyenne a regretté la réduction des subventions du Conseil général des Yvelines « aux centres de loisirs et de vacances communaux pour des raisons budgétaires, le Conseil général n’aurait en effet plus un sou. » Et d’attaquer : « c’est certain qu’en ayant jeté en 2009, 8 millions d’euros par les fenêtres pour un circuit de formule 1 fantôme, l’argent doit se faire rare et qu’il faut pénaliser les communes et les familles ! »
L’intérêt des huit millions d’€ dépensées pour la promotion du circuit avorté
Le sang d’Hugues Ribault n’a fait qu’un tour : « rien n’est décidé au conseil général ». Le maire a, dans un premier temps contesté le chiffre de 8 millions d’€ (« ce n’est pas de cette hauteur-là »), avant de concéder, devant l’insistance de l’opposition, en fin de conseil, l’exactitude de la donnée et de justifier tant le projet que son coût.
Hugues Ribault : « le chiffre de 8 millions d’euros est exact. La moitié de la somme a servi aux pré-études du circuit. Mais une partie de cette somme reste utile, notamment un million d’euros consacré à l’archéologie préventive concernant des études qui continuent, la préemption de terrains sauf ceux qui vont être retransférés à la SAFER et toutes les études qui sont faites notamment pour les aménagements routiers qui restent valables, car tous les aménagements routiers se feront. »
Le projet de circuit de F1 : « une promotion du territoire »
Le maire d’Andrésy, devant les sourires des élus de l’opposition, a enfoncé le clou : ce projet avorté a finalement servi le département. En effet, « au-delà de la somme d’argent, ce projet de circuit a permis la promotion du territoire et c’est aussi pour cela qu’il est devenu une des missions complémentaires du Grand Paris concernant la Vallée de l’Automobile et de la Mobilité Durable. Rien que pour cela, c’est une vraie justification. Il va y avoir une usine de construction de véhicules électriques, il va y avoir aussi une usine de déconstruction, une usine de construction de batteries. Cela va devenir un vrai centre industriel de demain et de recherche accompagné par le CEA qui va venir appuyer la recherche automobile. Clairement, il y a vraiment quelque chose de gagné concernant la promotion du territoire et les premières décisions de développement industriel. Le circuit de formule 1, a été un appel sur le territoire. »
Présent, ce soir-là, dans le public du conseil municipal, Jean-Claude Frot, délégué du canton d’Andrésy pour le MoDem mais aussi co-fondateur de l’association Flins Sans Circuit F1 , a tenu à réagir aux affirmations de Hugues Ribault et nous a fait parvenir cette lettre :
Or, monsieur Ribault, dans ce conseil, estime que le million d’euros investi dans les recherches d’archéologie préventive reste utile et, je cite, « les études qui continuent ». Ces déclarations réveillent mes inquiétudes concernant ces terres, situées rappelons-le, sur le deuxième plus grand champ captant d’eau potable en Ile de France.
Je pense qu’il faut soutenir la Vallée de l’automobile, mais un circuit de F1 n’était pas une bonne idée sur un champ captant. De surcroît, remplacer ce projet inutile par de l’industrie serait une erreur.
Pourtant, le protocole de l’Opération d’Intérêt National (OIN), dont notre territoire fait partie, stipule en page 9 que la « Seine Aval accueille des ressources stratégiques en eau et en matériaux. Leur préservation et leur valorisation sont essentielles. » Il existe dans ce secteur de nombreuses friches industrielles. Réhabilitons-les plutôt que de sacrifier la qualité de l’eau potable qui est l’élément le plus menacé de notre environnement.
Monsieur le maire reste néanmoins satisfait d’avoir dépensé 8 millions d’€ pour une opération de communication qui aurait, selon lui, permis de faire que ce territoire de Flins soit intégré dans le projet du Grand Paris. Huit millions d’€ qui auraient pu être économisés, puisque tant les Mureaux que le site Renault situé à Flins et Aubergenville figurent également dans ce protocole. (…)
Quant à l’affirmation de Hugues Ribault que ce projet de circuit aurait permis la promotion du territoire et les projets d’usines de voitures électriques ou de batteries, permettez-moi de sourire à ces raccourcis. Rappelons à M. Ribault qu’au tout début, le conseil général n’a seulement communiqué que sur ce circuit et que, devant la bronca soulevée par l’ineptie du projet, MM. Bédier et Ribault ont alors mis en avant la « Vallée de l’automobile », en présentant le circuit comme la cerise sur le gâteau. Or, et cela a été prouvé maintes fois : il n’y a aucun lien entre la Formule 1 et la R&D du secteur automobile.
Dorénavant, Hugues Ribault présente le circuit comme un leurre pour pouvoir obtenir l’aide de l’état en incluant le secteur automobile de Flins/Les Mureaux dans le projet du Grand Paris… laissant entendre, donc, que ce magnifique plan de relance du département (que le MoDem a toujours soutenu - au circuit près) aurait besoin de l’aide de l’État pour voir le jour. Or, si on se souvient bien, Pierre Bédier annonçait au départ que ce projet dans son ensemble était financé par de l’argent dont le département disposait déjà. Entre temps il y a eu la crise, certes… et des habitants complètement désinformés et désorientés devant tant de revirements dans les stratégies de communication.
Une preuve de plus (le gouvernement actuel nous en fournit d’autres tous les jours ou presque) que quand on cherche à aller trop vite pour passer en force et que le projet est mauvais au départ, il ne reste à l’arrivée que des contribuables qu’on pressure un peu plus pour boucher le trou. On vit une époque formidable !
Enfin, plus localement, face à ces huit millions d’€, comment ne pas s’offusquer que notre Maire-Conseiller général fasse publier un 16 pages (moins la pub) d’autosatisfaction, intitulé « Notre Canton », distribué (courant février) dans tout Andrésy, Maurecourt et Chanteloup, et qui ressemble curieusement à un lancement de campagne pour les élections cantonales de 2011 ? »



