Le canton est une notion administrative et politique appelée à disparaître puisque l’on va inexorablement vers la généralisation d’une autre entité applicable à toutes les communes, la communauté de communes ou d’agglomération.
Mais le canton conserve encore parfois sa raison d’être lorsqu’une au moins de ses communes refuse d’entrer dans la nouvelle communauté. C’est le cas de Vernouillet dans le canton de Triel, dont la maire, Marie-Hélène Lopez-Jollivet, a annoncé lors de ses vœux en janvier qu’une école municipale de musique et de danse allait être créée en 2010. Le canton de Triel va donc bientôt compter trois écoles de musiques ! Trois écoles de musique pour trois villes et 35 000 habitants ! De plus les enseignants y sont souvent les mêmes.
On est bien loin de l’esquisse d’une quelconque mise en commun des potentiels pour une gestion plus rationnelle, donc moins coûteuse, en un mot « commune » - même si cela va à l’encontre du vieil individualisme français - des potentiels financiers et humains. Ne pouvait-on espérer - rêver - qu’en cette occasion par exemple nos trois entités communales, transcendant leurs divergences politiques, s’entendent enfin sur un projet novateur… Une école de musique unique, à gestion intra-cantonale - dont la mise en place serait accompagnée d’une redistribution équitable des responsabilités et des activités sur les trois sites, et d’une desserte au profit des élèves - ne figurerait certainement pas parmi les dossiers les plus insurmontables à traiter, pour peu que l’envie et la volonté y soient. Et pourquoi un tel espoir ? Tout simplement dans l’optique de réaliser un pôle artistique de bonne, voire très bonne qualité, avec, outre l’enseignement, la création d’un orchestre et de chœurs capables de rivaliser avec les meilleurs de notre région. Un tel projet aurait eu en outre valeur de test sur la volonté de travailler en commun. Mais il semblerait qu’une telle idée n’ait effleuré personne…


