| Édition du mardi 16 mars 2010 |
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Côté Rive Gauche
Dans le numéro des Nouvelles daté de juin 2004, cet article faisait le point sur une partie de notre territoire.
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Article publié le 3 février 2010
PAR Jean Junk  |  

Aimer l’histoire, c’est bien, mais la faire aimer c’est mieux

Dans cette nouvelle rubrique que nous venons d’ouvrir aux Nouvelles des Deux Rives, nous allons au cours des prochains numéros publier toute une suite de chroniques historiques, qui nous le souhaitons, retiendra l’attention des lecteurs. Déjà au mois de juin dernier, nous avons débuté avec l’historique du nom de l’une des rues de Vernouillet. Nous nous efforcerons de rendre tous ces récits agréables à lire, même si parfois nous nous permettrons quelques libertés avec l’histoire. Beaucoup de villages dans notre pays, conservent de très anciennes appellations pour le nom de leur rue dont l’origine remonte à la nuit des temps, et deviennent de nos jours la mémoire du patrimoine historique de nos villes. Au Moyen Age la coutume désignait les chemins par les lieux qu’ils desservaient, ainsi à Vernouillet nous trouvions les chemins de Poissy, Triel et Verneuil. De nos jours il n’est pas rare d’entendre dire par un ancien la rue Chaude (cf. NDT numéro 37, page 1) au lieu de la rue Aristide Briand. Ces vieux noms gardent jalousement le secret de leur baptême et ainsi attirent la curiosité des chercheurs. Bientôt nous allons essayer de dévoiler leurs secrets, mais, faute de preuves irréfutables, nous laisserons parfois vagabonder notre imagination le long de ces chemins et qu’il en déplaise aux puristes, notre plaisir sera de rendre ces récits distrayants pour tous les lecteurs. A suivre.

Remontons dans l’Histoire...

... Hier la rue Chaude Aujourd’hui la rue Aristide Briand La « rue Chaude » pose comme il est aisé de le penser une énigme aux vernolitains curieux de découvrir l’histoire du nom des rues de leur ville. Les archives sont muettes et faute de preuves irréfutables on ne peut toujours pas expliquer pourquoi elle est ainsi nommée « rue Chaude ». Sur le plan de 1783, on y trouve son ancêtre le Chemin de Chapet à Vernouillet, c’est ainsi qu’à cette époque on désignait les chemins d’un village. En 1821, figure sur le plan établi à cette époque le nom que nous recherchons « la rue Chaude ». Mais quel lointain souvenir, venu du fond des âges a fait qu’au XIX siècle on lui attribua ce nom ?

Remontons le temps et arrêtons nous au Moyen Age a un triste épisode de la Guerre de Cent ans. En ce temps là, Vernouillet subissait l’occupation des troupes anglaises. L’armée campe sur les hauteurs et les soldats désoeuvrés se baladent dans la campagne où se trouvaient en abondance des vergers. Un jeune soldat au cours d’une de ces promenades bucoliques, cueille une prune par ci, une autre par là,, mais à la fin du jour, il fût pris d’une très violente colique alors qu’il se trouvait dans le village. Il aperçut une fermière qui vaquait dans sa cour à ses occupations, il l’appela et lui expliqua avec forces gestes significatifs son très gros souci « Water ! water ! » gémît-il et n’obtenant aucune réponse, il usa ses dernières forces pour gémir « Closed ! closed ! » En rapprochant ces deux termes et une soudaine vision du futur, la lumière se fit dans l’esprit de la fermière et elle lui dit, geste à l’appui « Au bordel, au fond du jardin. » L’anglais compris sur le champ et il se précipita vers l’endroit désigné. Soulagé et galant homme il remercia la dame. La fermière charmée par ce gentil soldat le fit entrer dans sa chaumière, elle n’était point farouche et possédait aussi un don prémonitoire de l’histoire ce qui fait qu’ils célébrèrent avec quelques siècles d’avance l’Entente Cordiale. Le jeune conquérant, conta son aventure à ses camarades et les vergers furent vites dépouillés de leurs fruits. Dame Cunégonde, car c’était son nom, reçu beaucoup de visiteurs et les soldats dirent par la suite dans un français invraisemblable « On va au bordel chez ‘Cul est bon’ ». Ainsi si l’on croit cette légende peut-être apocryphe, sur cet épisode historique de notre ville (NDLR : Vernouillet), nous sérions à l’origine du nom de ce lieu.

Mais les vernolitains, gens très prudes dirent en termes voilés « la rue Chaude » ceci explique pourquoi on ne trouve aucune trace aux archives de cet épisode de notre histoire. La renommée de la rue se serait donc transmise secrètement aux cours des temps, puis un jour, peut-être durant la révolution, ce secret s’affiche aux yeux de tous.
- Au grand siècle, quelques érudits vernolitains, ayant lu les œuvres de la Fontaine, pensèrent que le poète aurait pris pour modèle cette rue dans la fable « Le coche et la mouche ». « Dans un chemin montant malaisé et de tous les cotés au soleil exposé ». On aimerait pouvoir se réjouir de cette explication très littéraire. Mais. Hélas ! Trois fois hélas ! Le génial fabuliste ignorait notre région.
- On cherche toujours, et une hypothèse voit le jour : celle de sources d’eau chaude. La vérité se trouve au bout des sondes, mais hélas ! Toujours hélas ! Pas une goutte d’eau chaude dans les entrailles de la terre et la rue chaude une fois encore nargue les historiens.
- A quelques lieues d’ici, à Chambourcy, on trouve dans cette ville une rue Chaude, mais là aucun mystère, au Moyen Age se trouvait dans cette rue une forge et les résidus : les chaudes ont laissés le nom à cette rue.
- On pensait tenir la solution, mais la déception est grande car il n’y a jamais eu de forge sur notre territoire. - Point de souvenirs gaulois, point de sources chaudes, point de forge, et l’on se pose toujours la même question qu’y avait-il de chaud dans ce quartier ? Regardons un plan où figure Verneuil et Vernouillet que voit-on ? A Verneuil une rue des Fours à Chaux, à Vernouillet une rue Chaude et l’on remarque que ces deux voies se dirigeaient vers un même lieu, celui où se situait sur le territoire de Verneuil un four à Chaux. Cela devient limpide, à Vernouillet, on a tout simplement écourté en disant : la rue Chaude. Cette explication simple et claire a déjà été évoquée au cours de réunions historiques, mais elle n’a pas été retenue car au regard de certains, il manquait le document provenant des archives authentifiant cette hypothèse. Parfois il faut savoir distraire les mânes de Descartes. De ces quatre exposés lequel retiendra l’attention du lecteur ? Le Rabelaisien, le littéraire, la géologie, les fours à chaux. Laissons au temps de faire son choix.

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