Le film d’animation pédagogique et poétique n’est pas du goût de Mme Christine Boutin, l’ancienne ministre et présidente du Parti Démocrate Chrétien et élue des Yvelines : Pour cette dernière, l’école primaire n’est pas le lieu pour apprendre la sexualité aux enfants du CM1 et CM2. L’ancienne Ministre a même écrit au Ministre Luc Chatel, en charge de l’Education Nationale.
Dans une lettre ouverte à Luc Chatel, Ministre de l’Education nationale, Christine Boutin s’est dite choquée « devant ce film idéologique qui prive les enfants des repères les plus fondamentaux qu’est la différence des sexes. » Elle a aussi demandé son interdiction de diffusion « au nom du respect de la neutralité de l’Education nationale. »
Encore une polémique classique
Produit par Sébastien Watel, le film encore en cours de tournage narre de manière poétique l’amour entre un poisson-chat et un poisson-lune. Ce projet avait reçu le soutien de nombreuses institutions (ministère de la Jeunesse et des Sports, ministère de l’Éducation, Conseil régional de Bretagne, Conseils généraux du Finistère et des Côtes d’Armor, municipalité de Rennes), ce film pédagogique d’animation prévu pour les élèves des classes de CM1 et CM2 soulève encore une polémique classique entre les conservateurs (Mme Boutin) et les autres. Il s’agit d’un film dont le but est d’« apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe ».
La FCPE par intermédiaire de sa présidente s’est aussi exprimée pour la pédagogie de la sexualité : « Le sexe est partout... dans les livres, dans la télévision et dans le cinéma... » Il est donc normale que l’on apprenne aux enfants de discerner les rapports entre les personnes se déclarant « homosexuelles ».
Débat idéologique ou le retour de la morale ?
Localement et en amorçant sa campagne électorale pour les régionales de mars 2010, Eddie Aït, Maire et Conseiller régional, s’insurge contre la prise de position de Christine Boutin.

En réaction aux propos et au positionnement de Christine Boutin concernant ce film, Eddie Aït - Maire de Carrières-sous-Poissy, Secrétaire national du Parti Radical de Gauche engagé sur les questions LGBT et Conseiller régional d’Ile-de-France depuis 2004 (5e sur la liste « Jean-Paul Huchon 2010 » aux élections régionales) - entend dénoncer et condamner « le retour moral » portée par l’ancienne Ministre. Déjà, à l’occasion du débat sur le PACS, Eddie Aït s’était fortement opposé à Christine Boutin, « figure emblématique de la droite conservatrice ».
Très attaché à l’idée de sensibiliser le grand public sur la question des discriminations – il a porté l’idée d’une journée contre l’homophobie et les discriminations – Eddie Aït rappelle qu’ « il faut préserver notre société des attaques de ses détracteurs, qui compromettent son évolution libérale ».
Il faudra plus de temps...
Convaincu du rôle des collectivités locales dans la lutte contre toutes formes de discriminations, Eddie Aït se dit prêt à défendre le film à l’origine de la polémique et à favoriser sa diffusion dans les écoles sa ville. En tant qu’élu auprès du Conseil régional présidé par Jean-Paul Huchon, il n’a eu cesse de favoriser la mise en place d’actions de sensibilisation dans les lycées franciliens.
Concernant la réaction de Christine Boutin, Eddie Aït déclare y voir « un refus de considérer les personnes homosexuelles comme des citoyens à part entière. Ce comportement révèle un positionnement dangereusement passéiste. Le même qui poursuit dans les salles d’accouchement les femmes qui choisissent l’IVG.
Sans vouloir départager les deux positions « idéologiques », il est important de souligner que les « enfants » sont déjà bombardés par tous les moyens de communication et le sexe et la sexualité sont omniprésent. Il s’agit de donner des repères pour que les enfants apprennent à vivre avec certaines différences évoquées ci-dessus.
La vocation pédagogique, le court métrage « Le baiser de la lune » avait pour objectif d’aborder le thème de l’homosexualité auprès des élèves de CM1 et CM2. Il faudra plus de temps pour que les politiques apprennent à aborder ces problèmes de société par la pédagogie et sans trop d’invective.



