Le 21 janvier au cimetière de Triel-sur-Seine à 16 heures 30, c’était le moment d’apaisement pour se souvenir de Guy Ferrand avant de le laisser dans sa dernière demeure. Révolté, excentrique, passionné auraient pu être utilisés pour décrire cet homme. Cependant, pour Mme Delcayre, ancienne adjointe à la Culture à Triel, lors d’un interview en avril 2004, il était « un artiste triellois reconnu et apprécié par son talent et son charisme. »
Né en 1930 Paris, peintre avec une forte technicité en huiles et aquarelles, il est devenu sculpteur (terre, bois, bronze). Robert Quémy, un autre artiste reconnu dans les Deux Rives, a dit de lui : « Passionné par le dessin, le jeune Guy a certainement su manier un crayon avant d’apprendre à écrire, d’autant que, tout comme Obélix, qui en ses premières années, était tombé dans la marmite de potion magique, ce petit bonhomme s’est ouvert à la vie dans un environnement chargé d’effluves artistiques. »
Le trait, les formes, les couleurs « se dépouillent de l’inutile pour ne laisser place qu’à l’impression ». Ses toiles vous invitent à vous évader au gré de votre imagination.
Depuis 1986, le bois a permis à Guy d’ajouter à son œuvre la troisième dimension : la stylisation des formes jusqu’à l’essentiel lui permit de mieux créer une perception du mouvement. Invité à exposer depuis les années 70, il avait exposé comme invité d’honneur au salon des Beaux-Arts d’Andrésy en 1997. Il a obtenu plus de 50 prix, des des médailles, des coupes, et des distinctions diverses, ce qui représentent un trait de sa reconnaissance presque nationale : il exposa à l’Assemblée nationale en 2003 et dans la citadelle de Villefranche-sur-Mer avec le thème « Rivages d’ici et d’ailleurs ».
Nous l’avons interviewé lors de l’exposition « Guy Ferrand, peintures et sculptures » à la salle Grelbin un jour d’avril 2004. Interview au cours duquel, Guy expliqua son art : « Maillon de la vi e » signifie que la femme est le chemin de la vie car elle est à l’origine de la vie, qui s’enlace dans une symbiose (NDLR : il faudra contempler l’œuvre). Tête, épaules, un corps à moitié formé ne donnent pas une lecture classique. C’est plutôt l’ambiguité : on ne sait pas si l’enfant est né ou pas encore.... « Avènemen t » est l’autre grand œuvre de Guy Ferrand. Il s’agit de la naissance de l’enfant, en hommage à sa petite fille. En outre, c’est la figure aussi de sa mère. Si l’on regard de près, c’est la figure de l’ADN, autrement dit c’est l’écriture de la vie ! Beau comme l’art à son état pur.
En poursuivant, « Le chemin de la vie » est un œuvre qui décrit le père, la mère, l’enfant qui suit, qui maintient et qui se renouvelle... Tout un symbole de la terre, du ciel et de la famille et par extrapolation, de la solidarité, la pérennité par là le renouvellent des maillons, donc l’UNION. Un peu abstrait, nous dirait-on.
Au contraire, il a su tisser la technique, la passion, la musique, l’acoustique, et Triel-sur-Seine pour nous rendre une part de son projet artistique, voire culturel. Mort le 14 janvier après une hospitalisation et une complication de sa maladie, rendons hommage à celui qui avait tenté de rentrer dans « sa 4e dimension » : « Sa peinture nous avait fait rêver, sa sculpture axée sur le thème de la vie, nous délivre un message de foi et d’espérance » a écrit Robert Quémy. Guy reste en paix et merci de m’avoir donné la passion pour la Seine et les Deux Rives.



