Pour la mairie d’Andrésy, il n’y a aucun doute : Andrésy vit une « rentrée exceptionnelle ». Le nouveau collège a des « locaux adaptés » et les « réactions sont unanimes : le collège plaît ». Ses « conditions de vie sont exemplaires et le travail d’équipe a payé » [1] On ne sait pas si cet optimisme relève de la méthode Coué, mais la réalité est quelque peu différente. Parents et enseignants sont loin de partager le jugement de la municipalité.
La situation au 1er octobre au collège Saint-Exupéry est, en effet, la suivante :
• Les extérieurs sont inachevés : gazons et emplacements naturels (arbustifs) absents.
• La clôture est incomplète.
• Absence de parc à vélos (un parc provisoire, non fixé au sol, pour 25 vélos, est néanmoins proposé).
• Les transports en commun sont surchargés ou mal adaptés : de nouvelles lignes de bus SITERTA ont été créées car le collège est fortement excentré. Certains bus sont bondés, les horaires ne sont pas toujours pratiques. L’information auprès des parents a été quasi inexistante. Il faut dire que la mairie a attendu le 10 juillet dernier, pour présenter les nouveaux transports en commun aux usagers. C’est une « période de rodage », nous a rassuré MM. Bellemain et Mazagol, maires adjoints, chargés de cet épineux dossier. Les deux représentants de la mairie sont effectivement toujours sur le terrain et ne ménagent pas leurs efforts pour améliorer les choses. Nous les avons même rencontrés le samedi après-midi ! A contrario, le maire et Conseiller général, Hugues Ribault, se fait beaucoup plus discret depuis la rentrée.
à l’intérieur...
• Une partie du mobilier scolaire est absent : notamment, pas d’armoires dans les salles de cours. Il est donc impossible aux enseignants de laisser du matériel, et aux élèves de laisser leur manuel. Dans la salle d’arts plastiques, il n’y ni rangements, ni lavabo : les activités sont donc pour l’instant limitées.
• Le matériel informatique des salles de cours n’est pas partout branché : beaucoup de vidéo projecteurs et d’ordinateurs sont inutilisables par absence de câblage, notamment dans les salles de technologie.
• Aucun réseau informatique, ni connexion à l’Internet dans tout l’établissement : certains enseignants demandent donc aux élèves de réaliser à la maison des recherches sur l’Internet. Une absence prolongée d’informatique posera problème pour la préparation du brevet informatique B2I.
• L’infirmerie n’est pas aux normes : elle n’a pas de chambre cloisonnée. Le personnel de santé, qui a exprimé son mécontentement aux parents, ne peut pas, par conséquent, recevoir simultanément un élève qui veut parler et un malade alité, pour cause de secret professionnel.
• Des infrastructures sportives insuffisantes : le complexe multi sport jouxtant le collège n’est pas encore construit. Pendant deux années scolaires, les enseignants d’EPS doivent utiliser, pour un tiers des élèves, une salle de technologie transformée en salle sportive (mais mitoyenne à des salles de cours, donc aucune activité bruyante ne pourra y être réalisée). Les autres partiront dans l’ancien gymnase, à un kilomètre et situé… à côté de l’ancien collège ! M. Ribault avait annoncé (Le Courrier des Yvelines, 10/09/08) que la mairie financerait des bus pour le transport : en octobre, les élèves continuent pourtant d’aller à pieds. Un créneau à la piscine a été réservé aux collégiens. La municipalité (pardon : les contribuables) a fait un effort financier conséquent pour transporter (par cars) les élèves à la piscine. Nous avons eu des échos très contradictoires sur les activités sportives en cas d’intempéries : un enseignant d’EPS nous a affirmé que les élèves se retrouveront dans deux salles de permanence en cas de pluie. La direction a répondu que les élèves feront quand même du sport dehors...
• L’absence de casiers pour les élèves : c’est le motif de mécontentement le plus important chez les parents et les enfants. Comment, effectivement, accepter qu’un nouvel établissement scolaire flambant neuf n’ait pas prévu des emplacements pour des casiers qui existaient dans l’ancien collège ? Quelles sont les raisons de cette absence ? Qui sont les responsables ? Quelles sont les positions des uns et des autres ? [Voir l’article : « L’absence de casiers scolaires : à qui la faute ? »]
Une tranche de travaux est prévue pour les vacances de la Toussaint. La mairie a certifié que les grilles du parvis seront achevées et le parc à vélos installé. La principale du collège, Mme Ponthier, quant à elle, a fait savoir aux parents que le réseau informatique devrait être installé. Mais il restera encore beaucoup à faire.
Education et hautes technologies
Par ailleurs, M. Ribault, a beaucoup insisté, dans sa communication, sur l’équipement informatique plutôt performant du collège (mais les anciens établissements sont tous aussi en voie d’équipement). Il ne faut néanmoins pas confondre « mise à disposition » et « utilisation effective » des nouvelles technologies.
En effet, encore faut-il que les enseignants soient d’une part initiés (une première formation a lieu courant octobre), et, d’autre part, volontaires pour utiliser les nouvelles technologies mises à disposition.
Et comme nous le rappelle un enseignant du collège : « l’informatique est précieuse mais reste pédagogiquement un gadget. Nous ne l’utilisons pas à chaque cours et certains collègues jamais. Ce n’est qu’un support attractif mais qui ne remplacera jamais l’écrit sur papier et les manuels ! ».
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