Dans le numéro de Décembre 2009 (n° 230), Le Courrier des Maires et des élus locaux analyse l’enchevêtrement peu efficace des dispositifs d’aide scolaire proposés par l’Education nationale et par les communes. C’est ainsi que telle mesure proposée par l’Education nationale réduit les moyens ou les effectifs donnés par l’Etat pour soutenir les actions municipales en faveur des quartiers en difficulté. Ou encore que tel soutien scolaire se déroule au même moment que les activités de la MJC ou du CCAS…
La revue évoque ainsi « la concurrence ou l’enchevêtrement des dispositifs, les télescopages des mesures » ou, pire, « les mesures Darcos qui ont sonné le glas de l’élan local » en matière d’aide à l’éducation. Par exemple, l’aide personnalisée en primaire ou l’accompagnement éducatif (issu du plan Espoir Banlieue) « empiètent sur les temps périscolaires investis par les villes ».
Catherine Arenou : « aucune complémentarité idéologique avec le ministère de l’Education nationale » !!!
Trois élus sont donc interrogés sur cette question. Catherine Arenou, maire (UMP) de Chanteloup-les-Vignes, confirme la sévérité de l’analyse du journal. Selon l’édile, il n’y a « aucune politique éducative en commun avec l’Education nationale. Nous craignons à chaque rentrée que l’Etat mette en place un truc qui perturbe immanquablement l’organisation des villes ». Catherine Arenou déplore que la politique du gouvernement en matière d’éducation ignore ce que font les communes en la matière : « il faudrait s’asseoir à une même table et organiser la complémentarité locale ».
Selon la maire, la municipalité de Chanteloup tente, dans la mesure de ses possibilités, d’agir « en amont des difficultés » tout en tentant de personnaliser ses actions selon les problèmes rencontrés.
Le constat de la maire de Chanteloup étonne par sa sévérité. Et on se frotte les yeux quand Catherine Arenou déplore l’absence totale de « complémentarité idéologique avec le ministère de l’Education nationale », alors même que la majorité chantelouvaise fait bien partie de la majorité présidentielle !
Après un maire - Pierre Cardo - qui jouait régulièrement les francs-tireurs au sein de l’UMP, voici sa successeure qui semble raisonner de la même façon !
Y aurait-il donc un effet terroir ? Un « effet Chanteloup » ?...
Le Courrier des Maires et des élus locaux,
Décembre 2009, n° 230, pp. 8-10



