Andrésy a aussi sa rive gauche : quelques centaines d’habitants sont séparés de leurs concitoyens par deux bras de Seine et une île. Une petite poignée de maisons sont accessibles par le pont de Conflans, un plus grand nombre par Achères.
Les Andrésiens rive gauche, côté Conflans sont particulièrement bien cachés : invisibles côté rive droite en raison de l’île Nancy, dénicher la route menant vers ces quelques maisons plutôt modestes nécessite vraiment un GPS ! C’est de ce côté qu’habitent les riverains qui nous ont contactés.
Une banale affaire d’abattage d’arbres (encore…) a révélé un conflit bien plus profond entre les habitants et la municipalité d’ Andrésy. Un conflit qui a pour origine la seule route permettant d’accéder à ce quartier d’Andrésy en longeant le fleuve et qui pourrait s’envenimer avec les projets de développement économique de la rive gauche de la Seine.
Accéder à Andrésy RG par Conflans nécessitera bientôt un 4x4 : la route, en dessous du pont du RER A, est défoncée. Cette partie est à la charge de Conflans, mais le maire, Philippe Esnol (PS) a clairement dit aux riverains qu’il ne rénoverait pas la route de son principal adversaire politique local, le maire d’Andrésy.
Autre point d’achoppement : pour éviter les abus, la mairie d’Andrésy a installé un poteau à la fin de la route. Toutes les voitures sont obligées de faire marche arrière sur quelques centaines de mètres pour rebrousser chemin : « ce poteau en plein milieu d’une route est interdit par le code de la route », nous assure l’un des riverains. Mais la mairie leur a répondu que la largeur de la route permettait de toute façon le retournement : « elle nous écrit que la route a une largeur de 9,75 m, alors qu’elle fait moins de 3 mètres ! C’est à se demander si le maire et son adjointe à l’urbanisme ont déjà mis les pieds sur la rive gauche ! ».
Enfin, certaines maisons n’ont pas encore le tri sélectif et les Andrésiens demandent plus de réverbères : « le barrage a deux fois plus de réverbères alors qu’il n’y a aucune habitation »… Bref, « on se sent pas vraiment Andrésien, alors qu’on n’est ni Conflanais, ni Achèrois ! ».

Épais dossier sous le bras, l’un des riverains nous sort des papiers officiels et nous explique : « cette route est un ancien chemin de halage qui fait partie des propriétés. Les actes notariés le prouvent : les terrains sont privés jusqu’à la ligne de débordement des eaux. Le maire ne peut exercer ses pouvoirs sur des voies privées. »
L’échéance de la procédure d’alignement
La question est centrale pour les habitants. En effet, le quartier rive gauche va subir des modifications majeures en raison de la construction du Port autonome d’Achères qui nécessitera la coupure de la route et son raccordement par le sud, vers Achères. « Ce qui nous inquiète, c’est que si la mairie d’Andrésy ne reconnaît pas les actes de propriété, nous risquons de nous faire voler au moment de la procédure d’alignement qui aura fatalement lieu lors du projet du port autonome et de la transformation de la route ! ». Mine de rien, les terrains en question représentent une bande de 300 m² sur une longueur de 40 mètres, soit 12 000 m² en moins pour l’ensemble des propriétaires ! Même si le combat ressemble à celui du pot de terre contre le pot de fer, certains riverains ne comptent pas en rester là…
Encore un dossier juridique épineux pour le maire qui vient d’être condamné par le tribunal administratif à propos du prix exigé lors des expropriations des terrains, pour la construction du parc sportif des Cardinettes.
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