| Édition du jeudi 2 septembre 2010 |
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Réaménagement de 345 m
de berges à Triel-sur-Seine
L’état dégradé des berges nécessite un sérieux reaménagement
Les berges de la Seine occupent dans le paysage Triellois une place prépondérante. Rive gauche, rive droite, en deçà ou au-delà du pont, il est agréable de se promener sur l’emprise de l’ancien chemin de halage. Or une zone de 345 m, située entre la rue Trousseline et la rue Saint-Vincent s’est détériorée sous l’effet des crues et des vagues des « gros porteurs ». Réaménagement paysagé, opportunité de subventions, qualification des intervenants, apparemment un projet qui se présente bien. Voilà une opération séduisante qui aurait mérité concertation. Or c’est par la presse communale que l’information est passée, après que la décision soit prise. Mme Raymonde Ulh a interpellé Jean-Yves Six, premier adjoint chargé de ce dossier pour tenter de sauver « le charme du paysage des bords de Seine ». Nous publions ci-dessous son plaidoyer. (La rédaction)
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Article publié le 22 décembre 2009
PAR Raymonde UHL  |  

La désinformation de la part de la mairie (voir Triel info) qui fait suite à l’absence de concertation de la population voudrait faire passer sous silence la réalité concernant le sort des arbres existants sur les berges entre la rue Trousseline et la rue St Martin. La vérité sur ce projet est que toute une série d’arbres est promise à une mort prochaine : ils ont déjà été marqués en vue de leur abattage et, comble de l’ironie, par la couleur verte !... Pourtant le simple bon sens, la conscience écologique la plus élémentaire voudrait que l’on garde les arbres qui sont en place. Leur croissance s’est faite durant des dizaines d’années au rythme lent et rassurant de la nature. Ils consolident les berges, procurent de l’ombre, attirent les oiseaux et cachent autant que possible la perspective du supermarché qui se trouve en face sur la rive opposée.

Ne pas supprimer
des arbres bien portants

Ces arbres, en nombre insuffisant, il est vrai, font le charme du paysage des bords de Seine. Cependant, si l’on y regarde de plus près, nos rives sont de plus en plus clairsemées par des abattages intempestifs de la part de riverains souvent nouveaux venus et inconscients des dégâts que la suppression des arbres provoque. Force est de constater qu’aucune information ni contrainte n’émane des pouvoirs publics dont le rôle est pourtant de protéger les espaces verts naturels... Pire : aujourd’hui et sans que l’on puisse expliquer ce plan, c’est la mairie elle-même qui a décidé de faire une coupe claire sur 345 mètres de berges. Des deux projets possibles à l’origine, la mairie a choisi le plus lourd, tant sur le plan budgétaire que technique. On peut légitimement se poser la question du pourquoi de ce choix... Car, certes, si un aménagement est souhaitable, il faut aussi protéger le patrimoine existant. Or, et c’est là que le bât blesse, cet aménagement passe par le saccage des berges, ce que l’on se garde bien de préciser.

La population qui n’a donc pas été consultée est également victime d’une grossière tromperie sur le fond du projet. On insiste sur les détails et on oublie de dire que c’est un véritable massacre qui va précéder ce soi-disant aménagement fait entre autre de roseaux plantés sur textile, lequel a de fortes chances d’être emporté par la première crue importante. En effet, rien n’est moins écologique que de supprimer des arbres bien portants, c’est une règle évidente connue de tous et dont la transgression fait l’objet de constats alarmants dans la lutte contre l’érosion quel que soit l’endroit du globe où se pose le problème. De Copenhague à Triel il y a un abîme semble-t-il... Et pourtant les « vendeurs » du projet, la SMSO et ses sous-traitants, ainsi que la municipalité n’hésitent pas à qualifier d’écologique ce projet aberrant ! Tout comme n’importe quel publiciste qui, pour vendre n’importe quoi, y va de son couplet faisant référence à l’écologie, à l’avenir de la planète, au développement durable, etc. en nous considérant comme des moutons dénués de cerveau .

NON, ce projet est tout au contraire anti-écologique !

Il est temps de montrer que notre conscience écologique est loin d’être aussi superficielle que les bavardages de nos élus déformés par la rhétorique politicienne. Allons-nous assister sans réagir au massacre et encourager leur comportement ? La cause est juste et le sort de ces arbres est entre nos mains. Faisons tous savoir au Maire que nous ne voulons pas d’un projet brutal et dépassé. Les temps changent et nous devons des comptes à nos héritiers : nous voulons transmettre et non détruire. Nos arbres doivent rester debout, tout comme nous. Nous avons le pouvoir de nous faire entendre et si nécessaire, élevons la voix ! Mobilisons-nous pour faire barrage à ce projet totalitaire qui défigurerait nos berges en vidant nos caisses qui, déjà, ne sont pas bien pleines, Ce gaspillage concerne autant notre patrimoine que nos impôts, pensez-y Messieurs les élus, vous êtes supposés être vertueux dans la gestion de nos finances.

Calmer le jeu

Au Conseil municipal du 17 décembre Jean-Pierre Houllemare, Conseiller municipal est intervenu argumentant tant sur la nature du projet que sur le manque de concertation l’accompagnant. Quand le public eu la parole, deux interventions raisonnées se sont manifestées. C’est Raymonde Uhl qui intervint en rappelant avec passion ses multiples courriers et demandant à nouveau que le « sauvetage » des arbres de la berge soit une priorité du projet.

Philippe Gianoli insista sur le coût, se demandant s’il n’y avait pas des priorités plus urgentes à financer. J.-Y. Six, premier adjoint au maire, délégué à l’urbanisme et au développement durable, s’est efforcé de lever les inquiétudes en rappelant que le projet n’avait pas encore démarré, qu’il serait retardé, adapté et qu’un effort serait fait afin de maintenir « certains arbres adultes et sains ». Que le problème de ces berges était posé depuis 1997 et que l’ « opportunité qui se présente » était financièrement intéressante. Il envisage de programmer une réunion publique quand le nouvel aspect du projet sera prêt. A la demande de concertation, la réponse s’apparente à de l’information. Doit-on espérer que d’une part les promesses seront tenues (sauver le plus d’arbres possibles) et que si d’autres projets sont programmés, dans l’avenir, une démarche dite de « démocratie participative » sera engagée ?

La rédaction

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