En février dernier, le Président du Conseil général des Yvelines (et député UMP), Pierre Bédier venait inaugurer le collège Saint-Exupéry d’Andrésy. Face à des centaines de collégiens et de parents et en présence du maire Hugues Ribault et d’une dizaine d’autres élus, Pierre Bédier avait tenu un discours autour de l’importance de « l’égalité des chances » et de la politique d’éducation du Conseil général.

Applaudi par tous, Pierre Bédier était déjà pourtant condamné pour « corruption passive » et « recel d’abus de biens sociaux », avec à la clé une amende de 25 000 €, de 18 mois de prison avec sursis et six ans d’inéligibilité. Mais P. Bédier se maintenait alors à la tête du Conseil général à la faveur d’un pourvoi en cassation.
A l’époque, l’opposition municipale d’Andrésy (Andrésy Citoyenne, sans étiquette) s’était, seule, émue (dans un tract distribué) de la présence d’un élu condamné dans un lieu de la République destiné à l’éducation des jeunes citoyens d’Andrésy. Les deux fédérations locales, FCPE et PEEP, de leur côté, avaient refusé de perturber une cérémonie dans laquelle les enfants avaient préparé un spectacle.
Jean-François Thil : « il faut déposer et remplacer la plaque d’inauguration »
Maintenant que Pierre Bédier purge sa peine et qu’il n’est plus président du Conseil général, un notable d’Andrésy a écrit au maire de la ville. Et pas n’importe qui : il s’agit de Jean-François Thil, ancien maire (PS) de la ville, de 1977 à 1983, puis de 1995 à 2001 !
L’ancien maire de la ville déplore la présence de Pierre Bédier à l’inauguration du collège : « une erreur politique, compte tenu de la procédure en cours, le visant ».
Jean-François Thil demande à Hugues Ribault d’agir en vue « de faire déposer et remplacer la plaque d’inauguration du collège. » Et l’ancien maire de poursuivre : « Si la plaque devait rester telle quelle, ce serait un outrage aux valeurs morales de l’enseignement public, une souillure pour l’établissement ainsi qu’une mauvaise compagnie pour les autres noms inscrits sur ladite plaque ! ». L’un des deux autres noms étant celui de Hugues Ribault…
Pour Jean-François Thil, effacer le nom de « Pierre Bédier » sur la plaque trônant dans le hall d’entrée du collège « y va de l’honneur du collège comme celui de notre ville, auquel je sais que, comme moi, vous attachez beaucoup d’importance ».
Le maire UMP actuel n’a pas répondu au courrier de son ancien adversaire socialiste. « De toute façon, je ne peux rien dans cette affaire » a-t-il affirmé à ses adjoints.
La demande de Jean-François Thil a effectivement peu de chances d’aboutir. Pas très loin, à Levallois-Perret, le lycée Léonard de Vinci n’a jamais touché à sa plaque sur laquelle est inscrite une belle brochette d’élus justiciables : Charles Pasqua, Michel Giraud (ancien Président de la région, condamné à 4 ans de prison avec sursis) et… Patrick Balkany.
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