Il y six ans, toutes les personnalités politiques et sportives de la boucle de la Seine se pressaient pour assister à l’inauguration du Gymnase David Douillet de Chanteloup-les-Vignes.
Le champion était présent, venu en voisin de son domicile Meulanais.
Sportif irréprochable
Personne ne contestait l’hommage qui était alors rendu à l’un des plus grands sportifs français des années 90 : double médaillé d’or de judo aux jeux olympiques, quatre titres de champion du monde remportés dans la catégorie reine, celle des poids lourds, mais également deux fois élu « Champion des champions » par le journal L’Equipe. Quelques-uns trouvaient cependant curieux de baptiser ainsi un gymnase ne comprenant pas de dojo. D’autres raillaient sa proximité avec le pouvoir en place, et notamment la famille Chirac, puisqu’il parrainait, avec la première dame de France, l’opération pièces jaunes et des rumeurs sur ses ambitions politiques commençaient à bruire.
Parachuté par l’UMP sur la 12e circonscription des Yvelines (Poissy-Plaisir) et vainqueur de la législative partielle en octobre, David Douillet est devenu député. Il n’est pas le premier sportif tenté par la politique : d’autres comme Roger Bambuck, Alain Calmat, Guy Drut ou Jean-François Lamour s’y sont lancés après leur retraite sportive.
Effet collatéral
Mais voilà : son élection a un effet collatéral imprévu. Le gymnase de Chanteloup, utilisé quotidiennement par des collégiens, porterait alors le nom du représentant de la circonscription voisine, contrairement au principe de neutralité des services publics qui s’oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques. Il y a deux ans, le juge administratif interdisait à un maire du Calaisis de donner le nom de « Jack Lang » a une école eu égard au fait qu’il était l’un des principaux responsables d’un parti politique d’envergure nationale, ministre de 1981 à 2002 et député dans le département, réélu pour la dernière fois en 2002 sous l’étiquette de ce parti.
Ce sera alors au maire de Chanteloup-les-Vignes, Catherine Arenou, de proposer un nouveau nom à ce bâtiment. La volonté d’éviter une nouvelle mésaventure devrait la convaincre de retenir le nom d’une personnalité décédée, et pourquoi pas celui de Jacques-Anquetil, dénomination de la précédente Halle des Sports détruite par la tempête de 1999.
PS : Le 27 octobre, les « Nouvelles » ont demandé le point de vue de Mme Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes. M. Jérôme Perronnet, DGS, s’exprime sur ce sujet.




