La nouvelle n’est tombée que cinq jours avant la date du forum des associations : le président du comité de ville d’Andrésy et vice-président du COPRA, Roger Jacquot, recevait dans sa boîte aux lettres un courrier signé du maire UMP de la ville, Hugues Ribault, lui signifiant son exclusion de la traditionnelle journée des associations.
« Le forum n’est pas un lieu de débats ! »
Un sentiment de colère et d’injustice s’empare du vice-président à la lecture des raisons avancées par le maire pour refuser le COPRA. D’abord des « places limitées » dans l’espace Julien Green qui accueille les associations : le maire explique que le forum est donc « réservé prioritairement aux associations sportives, culturelles, scolaires et sociales, conformément à son règlement ». Et puis, le maire rappelle qu’il « existe d’autres lieux et d’autres moments pour le débat ».
Branle-bas de combat au COPRA dont les instances dirigeantes se réunissent pour organiser la réplique. Les discussions sont plus houleuses que prévu : il y a les tenants d’une ligne dure (envahissement du forum, installation sauvage), d’une ligne modérée (distribution d’un tract devant les portes du forum) et ceux qui veulent épargner le maire d’Andrésy, notamment Victor Blot, fondateur du COPRA, qui apprécie Hugues Ribault.
Un tract « Interdit de forum »
Le bureau exécutif du COPRA décide finalement une action modérée : un tract (dont une première version, jugée trop violente, est refusée) distribué uniquement le samedi matin sur le marché de la ville. Aucun communiqué de presse n’est envoyé à la presse : le COPRA veut éviter toute politisation de l’affaire et ne pas se mettre irrémédiablement à dos un maire et conseiller général influent sur la région.
Si le COPRA vient d’être exclu du forum par un maire UMP, il a été accepté par une municipalité de gauche. Eddie Aït (PRG) vient de réintégrer le COPRA au forum des associations de Carrières-sous-Poissy. Le maire est en effet contre le projet et entretient des relations quasi-parfaites avec le COPRA. Mais, de 2001 à 2007, Carrières avait l’étiquette UMP et son maire (Daniel Schalck) – favorable au projet de la francilienne – s’était toujours opposé à la présence du COPRA dans son forum. Changement de maire, changement de politique.
Une petite visite du forum de la ville suffisait pour s’apercevoir aussi que l’emplacement traditionnel du stand du COPRA était vide : l’argument écrit du maire d’un soi-disant « manque de places » était donc faux (voir notre photo).
De surcroît, malgré le « manque de places », la municipalité a longtemps insisté pour faire venir l’association contre les nuisances aériennes (le CIRENA) qui aura décliné l’invitation plusieurs fois.
Pour Roger Jacquot, « le COPRA est atterré par la décision de M. Ribault ». « Aurions-nous dû comprendre que le COPRA n’était pas souhaitable ? » s’interroge le tract distribué.
Le COPRA et Hugues Ribault : une vieille histoire...
Le COPRA et le maire d’Andrésy entretiennent depuis des années des relations assez ambiguës. Hugues Ribault ne cache pas son soutien au projet de la francilienne sur son canton (mais pas sur sa ville…), allant jusqu’à proposer un tracé alternatif sur la rive gauche de la Seine (tracé blanc). Le maire s’est félicité du choix du tracé vert par le gouvernement, tout en demandant des protections pour les habitants. Le COPRA s’oppose au tracé vert et déclare à nouveau qu’il ne veut « pas d’autoroutes en zone urbanisée », après avoir essayé (durant l’année 2007) une ligne plus radicale (« aucune autoroute supplémentaire dans le Val d’Oise et les Yvelines ») qui semble avoir été abandonnée.
Il y a donc des points de divergence entre le maire d’Andrésy et le COPRA qui se sont concrétisés par quelques moments de crise : lors des Législatives 2007, une distribution d’un tract du COPRA (rappelant le soutien des candidats UMP au projet) est interdit par la police, sur le marché de la ville, à la demande de la mairie d’Andrésy. Lors des municipales, le candidat Ribault est le seul des trois candidats à la mairie de la ville à refuser de signer une résolution du COPRA qui s’opposait au tracé définitif de la A104.
Néanmoins, le maire d’Andrésy et le COPRA ont su garder des relations. Ils ont combattu ensemble le tracé dit historique (le rouge) qui devait traverser l’Hautil. Surtout, le COPRA n’a jamais contesté le tracé blanc proposé par Hugues Ribault. Des négociations secrètes ont même eu lieu, lors du débat public, en 2006, entre le COPRA et Andrésy pour tenter une position commune autour de ce tracé blanc. Enfin, lors du Conseil municipal de septembre 2009, le maire a déclaré qu’une solution satisfaisant toutes les parties « n’étaient pas forcément très loin » sur le tracé définitif de l’autoroute.
Depuis son élection à la tête de la ville, Hugues Ribault a régulièrement exclu des associations, considérée comme « politiques ». L’ARAP, une association contre le projet de l’intercommunalité actuelle avait été exclue au début du premier mandat de H. Ribault. Ces dernières années, deux associations, pourtant classées officiellement comme « environnementales », ont été exclues par le maire : la Civitas (association du vieux centre) et Andrésy-Qualité-Pour-Tous . Toutes deux avaient en effet émis des réserves ou des critiques sur certains projets de la mairie (immobiliers notamment).
Enfin, le COPRA ne fut pas la seule épine dans le pied du maire cette année : l’association de la rive gauche d’Andrésy (l’ADARG) s’est faite remarquer, lors de ce forum, par un panneau « Non au Pont d’Achères ». Le maire est venu en personne demander au président, Antonio de Rosa, de l’enlever : « le forum n’est pas un lieu pour ce genre de débat ». Le président de l’ADARG nous a témoigné de son étonnement : « le maire est maintenant contre aussi ce pont. Je ne vois pas ce qui peut le froisser ». Le panneau est resté mais le maire a prévenu qu’il réfléchirait à une éviction de l’ADARG l’an prochain…
Un COPRA affaibli...
Dans ce contexte, quelle est donc la vraie raison qui a poussé le maire, Hugues Ribault, à refuser une association environnementale pourtant présente depuis des années au forum ?Le contexte semble moins favorable au COPRA : association vieillissante, qui a perdu beaucoup de ses militants sur Andrésy, « le COPRA n’est plus ce qu’il était », comme nous l’avait confié le député Pierre Cardo, fin connaisseur du dossier, en 2008. Le projet de la francilienne est maintenant soutenu par une très grande majorité d’élus, par le gouvernement et par l’ensemble des forces économiques du Val d’Oise et des Yvelines, malgré les engagements du Grenelle de l’Environnement. D’ailleurs, le COPRA n’arrive pas à obtenir un entretien avec la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, pour cause « d’agenda complet », alors qu’au même moment le collectif Flins sans F1 était reçu par la secrétaire d’Etat.
Interpellé par l’opposition politique sur l’éviction du COPRA, le maire, Hugues Ribault, s’est à nouveau défendu, lors du Conseil municipal du 10 septembre : il y a, pour ce forum, « un vrai problème de places. Avec le COPRA, on peut faire des réunions tous les jours mais ailleurs : le forum n’est pas un lieu où l’on débat de cette question ». Le maire n’a pas hésité à conclure que, malgré les apparences, « s’il y avait un défenseur du COPRA, c’était bien [lui] ». Contacté par la rédaction de ND2R, le 14 septembre, le maire a confirmé son argumentaire ci-dessus.
Il semble néanmoins évident que le maire d’Andrésy a pris un risque : il écorne sa toute nouvelle image d’éco-maire. Pour une municipalité qui vient de s’engager dans un processus d’Agenda 21, censé mettre la protection de l’environnement et du cadre de vie au centre de chaque décision politique de la mairie, l’absence de toute association environnementale au forum de la ville n’est pas d’un plus bel effet.
**ON NOUS ECRIT**
Le jeudi 17 septembre, le bureau du COPRA 184 nous envoie ce texte :
"le Bureau Exécutif du CO.P.R.A. 184 est composé de :
un Président,
un Vice-Président par Commune,
un Trésorier,
un Trésorier adjoint,
un Secrétaire,
un Secrétaire adjoint,
un Porte-parole.
Le Bureau assiste le Président dans ses fonctions.
Un membre du Bureau ne peut prendre une initiative, faire une démarche, au nom du CO.P.R.A. 184, sans y avoir été expressément autorisé par le Bureau." (extrait des statuts de 1991).
Seuls deux personnes sont habilitées à s’exprimer devant les médias : le Président et le Porte-parole.
Je découvre ce jour votre e-article du 14 septembre 2009 intitulé « Le COPRA exclu du forum des associations » (sic).
Les deux personnes évoquées dans leur fonction n’ont pas l’honneur de vous connaitre, ni vous ni vos collaborateurs. Par conséquent, nous ne pouvons apporter aucune caution aux lignes produites sur votre site.
Nous souhaiterions que vous fassiez disparaître ledit e-article ou que vous considériez le présent mel comme un droit de réponse à mettre en ligne au plus tôt.
Avec nos remerciements anticipés,
Salutations distinguées." Jean-Pierre DEJOU Président du CO.P.R.A. 184 Les Charvaux
La rédaction prend acte de la position officielle du « bureau » du COPRA 184. Maintenant que les choses sont dites, le bureau connaît le site internet et le journal « NOUVELLES DES DEUX RIVES ». Cependant, l’article ne disparaîtra pas car le fait est connu : le COPRA n’était pas le bienvenu au forum : même le maire H. Ribault nous a confirmé cette information par téléphone le 14 septembre. En tout cas la rédaction reste solidaire de M. Lionel Wastl car il a porté une information qui est vérifiable par tous les acteurs de cet incident.
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