Samedi 29 août la nouvelle école de Triel sur Seine située dans le quartier des Fontenelles s’est ouverte sur la ville. Voisins, parents, enfants, n’étaient pas venus sur carton d’invitation mais par curiosité, nostalgie ou devoir. Chacun y trouva son compte. Des voisins, venus voir le résultat des travaux qui se sont déroulés sous leurs fenêtres. « Pas mal du tout ce bâtiment ! » La curiosité des jeunes parents qui vont bientôt accompagner l’écolier pour une première fois n’était pas sans évoquer une rentrée des classes enfouie dans leurs souvenirs, pas si lointains pour certains. Les anciens ont pu satisfaire leur nostalgie personnelle ou conduire leurs petits enfants dans ces murs immaculés. Ils devaient penser à la « communale » de jadis : Charles Dupuis, Jules Verne, Les Hublins, René Pion, des noms familiers dont les murs, toujours présents, sont chargés d’histoires et des nombreuses années de service comme l’école de l’Hautil qui date de 1875 !

J’y étais !
Un nouveau nom deviendra lui aussi familier : Camille Claudel. Combien pourront témoigner de l’évènement ? « J’y étais ! ». D’autres resteront éloignés un temps ou attendront l’inauguration officielle, attentifs aux discours convenus et aux petits fours de tradition… Un cadre très (trop) moderne, un peu froid mais qui s’humanisera dès qu’il sera occupé par les dessins des enfants, les affiches, l’animation de l’équipe pédagogique, l’occupation des porte-manteaux et l’utilisation des indispensables ordinateurs.
Si l’extérieur du nouveau Groupe scolaire ne manque pas d’originalité avec du bois « partout », l’intérieur presque chaleureux n’est pas sans évoquer la Villa Savoye de Poissy (hasard, influence ou subjectivité de la mémoire ?). Un toit « végétalisé » pour l’environnement. Un escalier du plus beau rouge pour « flasher » l’attention. Des couloirs interminables qui conduisent à des salles dont la disposition conviendra aux petits comme aux grands. Ici la maternelle, là l’école primaire. Ne pas oublier que des enfants y seront scolarisés de nombreuses années et devront s’habituer, se familiariser au décor. Quant au personnel d’enseignement comme de service ils trouveront des conditions de travail modernes et de l’espace.
Fin des « algécos » et début de Camille Claudel
Combien d’années il aura fallu pour voir surgir ces bâtiments intégrés au site tant bien que mal mais dont l’architecture et donc la modernité donnent un sacré coup de vieux aux plus vieilles écoles de la ville ? Son existence a permis pour la première fois d’éliminer quelques « algécos » et c’est tant mieux ! Car nous avions l’habitude d’en voir surgir à chaque rentrée. Camille Claudel est un nom qui éclaire les intentions de ceux qui l’ont choisi car ce fut une artiste dont le talent est aujourd’hui reconnu mais qui eut une vie plus que difficile. Elle ne fut pas la seule à subir un enfermement injuste, à son époque c’était monnaie courante, surtout pour certaines femmes dans certaines familles. Aussi je ne peux pas m’empêcher d’évoquer cette phrase prêtée au grand Victor Hugo : « Quand on ouvre une école c’est une prison que l’on ferme. »
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