Les Français plébiscitent la grande distribution. ; En 2005 les grandes surfaces alimentaires, c’est-à-dire les hypermarchés et les supermarchés employaient 550000 personnes et réalisaient un Chiffre d’affaires de 157.7 Milliards d’euros. C’est dire qu’il s’agit d’un secteur économique important dans lequel les enseignes françaises disposent d’un savoir faire important, qu’elles ont pu d’ailleurs exporter à l’international. Si les Français sont attirés par ce genre de distribution c’est qu’ils considèrent qu’elle est la plus économique, qu’elle présente sous un seul toit un vaste choix de produits et qu’en conséquence elle réduit le nombre de déplacements pour faire ses courses Mais cette perception est-elle bien réelle ? D’autre part, et à supposer qu’elle le fût, cette distribution ne cache-t- elle pas d’autres nuisances ?
1 – cette perception est-elle bien réelle ?
La comparaison prix produit pour produit, à supposer qu’elle soit possible, entre le commerce traditionnel et les grandes surfaces est à l’avantage de ces dernières. Il serait surprenant qu’il en fût autrement, compte tenu des fantastiques moyens de négociation dont disposent les grands distributeurs. Mais cette comparaison réduit l’acte d’achat au seul prix et ne prend pas en compte les avantages du petit commerce : ouvertures tardives, contact direct avec le commerçant, plaisir de l’achat – promenade etc.…de plus cette comparaison est très trompeuse, car le consommateur, attiré par les promotions et la profusion des articles achète toujours plus dans une grande surface que dans le petit commerce : finalement ce qui compte c’est la dépense globale et non le prix unitaire de tel ou tel produit. D’autant qu’il faut rajouter à cette dépense le carburant consommé pour s’y rendre. D’autant également que la récente condamnation de certains Hyper par le Conseil de la concurrence pour entente illégale sur les prix avec d’autres distributeurs (Carrefour, 27 millions d’euros d’amendes) jette un doute sur l’hyper »toujours moins cher », en l’occurrence il s’agissait de jouets. D’autre part on prétend qu’acheter en grande distribution permettrait de réduire le nombre de ses déplacements pour faire ses courses. Cela est vrai pour les villes comme Triel ou le centre ville ne présente que quelques rares petits commerces ; Mais dans de nombreuses communes (Poissy, Maurecourt par exemple), le centre ville et les petits commerces se portent très bien et un seul déplacement permet d’accéder à une offre aussi importante qu’en grande surface.
Aucune ville française grande ou moyenne n’échappe à ces zones commerciales installées en périphérie : on est frappé par la laideur de leur architecture, Aucun effort architectural n’est entrepris pour créer une harmonie et une esthétique d’ensemble.
2- De nombreuses nuisances
La grande distribution est à l’origine de nombreuses nuisances bien visibles ou dissimulées :
2 .1 La pollution liée au déplacement
L’ADEME, agence de l’environnement et la maîtrise de l’énergie note que faire ses achats dans un supermarché de périphérie engendre 4 fois plus de pollution et de nuisances qu’acheter las mêmes biens de consommation à 500 mètres de chez soi. Il s’agit d’un chiffre colossal quand on le multiplie par le nombre de déplacements liés à ce type d’achat
2.2 La pollution visuelle
Aucune ville française grande ou moyenne n’échappe à ces zones commerciales installées en périphérie : on est frappé par la laideur de leur architecture, Aucun effort architectural n’est entrepris pour créer une harmonie et une esthétique d’ensemble. Il est vrai que les permis ce construire échappent au droit commun ( PLU, COS, contraintes de façades etc.…). A l’inverse dans certains pays, en particulier en Grande – Bretagne, on est frappé par le soin architectural avec lequel ces mêmes Hyper sont construits : mais dans ce pays, les autorités locales ont leur mot à dire, s’agissant de l’urbanisme commercial. Dans le notre, les relations très douteuses entre les politiques locaux et la grande distribution n’ont rien fait pour augmenter les contraintes de cette dernière en matière d’urbanisme.
2.3 Destructions
En 40 ans d’essor de la grande distribution, 190.000 commerces de proximité ont disparu.. Dans le même temps, 30000 stations service fermaient. Dans de nombreuses villes le lien social tisse par le commerce de proximité s’est progressivement éteint, emportant avec lui le charme d’un certain art de vivre. Ces destructions se sont accompagnées d’une extrême concentration de la grande distribution autour de quelques groupes et centrales d’achat damant le pion à 400.000 agriculteurs et des dizaines de milliers de fournisseurs qui vivent en permanence sous la menace des déréférencements et du diktat des marges arrière.
Il est grand temps que le consommateur, si attaché aux problèmes d’environnement, perçoive que les progrès de la grande distribution ne vont pas dans le sens d’un développement durable. Les premiers comptes rendus de la Commission Attali chargée d’identifier les freins à la croissance ne s’engagent malheureusement pas dans ce sens : la libéralisation des procédures d’attribution des surfaces à la grande distribution, conduira fatalement à la disparition des centres ville résistants ou renaissants et à la progression exponentielle de toutes les nuisances que nous avons décrites ici. Espérons que le consommateur - électeur prenne conscience des enjeux !! A Triel , comme ailleurs !!


