La droite française et particulièrement celle qui est au pouvoir aujourd’hui considère que c’est de leur faute si les pauvres sont des pauvres. Ils n’ont pas assez travaillé, ils ont une mentalité d’assistés, la collectivité leur donne trop : qu’ils prennent donc exemple sur ces brillantes personnalités qui, parties de rien, ont réussi à se hisser jusqu’au rang de ministre, de chef d’entreprise mondiale, d’universitaire reconnu, etc.…
On stigmatise les chômeurs, les malades de longue durée, les « planqués » de France Télévision coupables de vivre aux frais des contribuables , coupables de revendiquer des droits et d’oublier leurs devoirs. Mais au fait quels devoirs ? Celui de travailler pour ceux qui ne travaillent pas assez, de travailler plus. Comme si chômeurs, malades et planqués n’avaient à s’en prendre qu’à eux mêmes, et que nulle entreprise, nulle maladie, n’étaient responsables de leur situation.
Mais alors si les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont trop fainéants, les riches sont-ils riches grâce à leur travail ? Rien n’est moins sûr puisque la loi Tepa augmente pour la 2 ème fois en 5 ans l’abattement pour les droits de succession. Rien n’est moins sur quand 73 Milliards d’Euros sont soustraits chaque année à l’impôt sur le revenu grâce aux niches fiscales qui profitent surtout aux plus gros contribuables et qui vont jusqu’à mettre en cause la progressivité de l’impôt. Rien n’est moins sûr quand les dividendes distribués par les sociétés bénéficient d’un abattement de 40 % sans limite de montant, assorti en plus d’un abattement forfaitaire et d’un crédit d’impôt de 50 %.( loi de finances 2008). Rien n’est moins sûr quand les indemnités liées à la rupture du contrat de travail (grosses indemnités pour les gros revenus) coûtent près de 6 milliards d’euros à la Sécurité Sociale.
Plutôt que de culpabiliser et de stigmatiser les plus fragiles d’entre nous, la droite française serait bien inspirée de revenir sur tous ces avantages accordés aux privilégiés et de favoriser ainsi un retour à l’équilibre des finances publiques, comme l’a réalisé l’Allemagne qui présente pour 2009 un budget en équilibre.


